Un stock de filament qui ne s’écarte pas de l’étagère
Chaque atelier commence avec une liste exacte de son filament. Six mois plus tard, personne ne l’a plus.
Ce n’est pas de la négligence. Le stock dérive parce que les événements qui le font changer ne sont pas ceux que quelqu’un note. Une impression a raté et le filament a disparu. Quelqu’un a utilisé une demi-bobine pour un test. Une couleur a été ouverte, imprimée une fois, et remise sur l’étagère où elle a l’air pleine. Le stock ne casse pas d’un coup : il casse par dix grammes, puis un jour une commande s’arrête à trois heures du matin parce que la bobine qu’on croyait à quatre cents grammes en avait quatre-vingts.
Voici ce qui le garde vraiment honnête.
Comptez les bobines, pas les kilos
« 2,4 kg de PLA noir » n’est pas un fait sur lequel s’appuyer. Deux bobines qui totalisent 1,2 kg n’imprimeront pas une pièce de 900 g ; une bobine de 1,3 kg, si.
Suivez les bobines une par une, chacune avec son poids restant. Cela fait plus de lignes, et c’est la seule version qui répond à la question que vous vous posez vraiment : puis-je lancer cette commande ce soir.
Donnez une identité à chaque bobine dès qu’elle sort du carton. Un numéro sur une étiquette suffit. Sans lui, impossible de distinguer deux bobines entamées de PLA noir ou de savoir laquelle est ouverte depuis mars.
Notez le poids de la bobine vide une fois par marque
Le filament restant, c’est la bobine sur la balance moins la bobine vide.
Le poids d’une bobine vide dépend de la marque et de la matière, parfois du lot : les bobines en carton sont plus légères que celles en plastique, et un support réutilisable encore plus. Pesez une bobine vide de chaque marque, notez-le, et servez-vous de ce chiffre. Deviner 200 g pour tout, c’est une erreur de cinquante grammes ou plus par bobine, exactement la taille qui laisse une impression à sec.
Déduisez quand l’impression a lieu, pas quand quelqu’un y pense
C’est tout l’enjeu.
Tout système où une personne met à jour le stock, plus tard et volontairement, dérivera - non parce que les gens sont paresseux, mais parce qu’au moment où le stock change ils font autre chose. L’impression est finie, le client attend, le plateau doit être libéré.
Faites donc de la déduction la conséquence d’une chose qui devait arriver de toute façon : le travail qui part sur la machine. Les grammes qu’il prévoit d’utiliser sortent à ce moment-là des bobines où il puise. Personne n’a rien à saisir une deuxième fois.
C’est l’une des raisons pour lesquelles LayerFlow3D relie les commandes aux bobines au lieu de tenir une liste de stock à part : le lancement d’une commande est l’événement, et le stock en découle. La section suivante dit exactement ce qui se passe à chaque étape.
Si vous le faites dans un tableur, approchez-vous-en autant que possible : une ligne par commande, avec la bobine et les grammes sur la même ligne que la commande, plutôt qu’une feuille de stock que quelqu’un rapproche chaque dimanche.
Ce que LayerFlow3D fait à une bobine à chaque étape
La réponse courte : rien n’est mis de côté tant qu’une commande attend. Les grammes prévus de la commande sortent de ses bobines en une fois quand quelqu’un la passe en En cours, et plus rien ne les modifie ensuite de lui-même. Le chiffre est le plan du trancheur, pas une mesure, donc un plateau raté ou une réimpression n’apparaît que lorsque quelqu’un pèse la bobine.
| Quand | Ce qui arrive aux bobines | Par qui |
|---|---|---|
| Une commande est enregistrée en Nouvelle, à la main ou depuis la page boutique | Rien ne sort. La commande est planifiée sur des bobines, et ses grammes comptent « en file » pour ce type de filament, si bien que l’alerte de stock bas les voit venir. Deux commandes en attente peuvent planifier les mêmes grammes. | Automatique |
| La commande passe en En cours | Le plan est recalculé (d’abord les bobines chargées dans cette imprimante), puis la totalité des grammes prévus quitte les bobines. La fenêtre Lancer l’impression ? les liste sous « Filament réservé sur le stock ». | Une personne déplace la commande |
| Prête à expédier, puis Expédiée | Rien de plus. | - |
| L’imprimante commence ou termine une impression | Rien. Une notification peut proposer de déplacer la commande suivante, et une impression terminée est signalée sur la carte. | Simple avis automatique |
| Annulée en Nouvelle | Rien n’a été pris, donc rien ne revient. | Une personne, avec un motif |
| Annulée en En cours | La fenêtre demande « Filament consommé, g ». Cette quantité reste consommée ; le reste retourne sur les bobines. | Une personne, avec un motif |
| Annulée après Prête à expédier ou Expédiée | Rien ne revient : le travail a été imprimé. | Une personne, avec un motif |
| Un plateau rate et est réimprimé sur la même commande | Rien de plus ne sort. L’application ne sait rien de la seconde tentative. | - |
| Une bobine est pesée et corrigée (un inventaire) | La bobine prend le chiffre saisi, avec un motif comme Perte ou Défaut, et le garde au fil des commandes suivantes. | Une personne |
| Une quantité, un modèle ou une imprimante est modifié après le lancement | Refusé. Une commande lancée garde son plan ; dupliquez-la pour en créer une nouvelle. | - |
Quel chiffre sort. Les grammes inscrits sur le plateau du modèle, ou le chiffre mesuré pour ce plateau sur cette imprimante, multipliés par le nombre de plateaux dont la commande a besoin. Une commande de huit pièces avec un plateau de quatre, c’est deux plateaux. Le pourcentage de rebuts matière des réglages augmente le prix, pas les grammes. Que la purge soit comprise dans le chiffre dépend de ce que vous avez saisi : recopiez le total du trancheur par filament, qui l’inclut.
Plusieurs bobines. Chaque type de filament est planifié séparément. Les bobines chargées dans l’imprimante de la commande passent d’abord, puis la bobine ouverte qui a le moins de reste. Un même besoin peut être réparti sur deux bobines. Si l’étagère ne suffit pas, la commande est quand même acceptée et la dernière bobine affiche 0 g : un avertissement, pas un refus. Les boîtes scellées ne sont jamais ouvertes d’office.
Un exemple chiffré. Une bobine de PLA noir de 1000 g. Un plateau de porte-clés en contient quatre, et le trancheur indique que le plateau utilise 80 g, purge comprise.
- Une commande de huit porte-clés est enregistrée en Nouvelle. Elle prévoit 2 plateaux x 80 g = 160 g. La bobine affiche toujours 1000 g ; le type affiche 160 g en file.
- La commande passe en En cours. La bobine affiche 840 g.
- Le second plateau rate à mi-parcours et est réimprimé. La bobine affiche toujours 840 g, alors qu’environ 40 g de plus sont partis à la poubelle.
- Quand la bobine sort de la machine, elle pèse 800 g sans compter la bobine vide. Un inventaire de 800 g avec le motif Défaut met la bobine à 800 g et consigne l’écart de 40 g.
- Prête à expédier puis Expédiée la laissent à 800 g.
Si la commande avait plutôt été annulée en pleine impression, avec 40 g saisis comme consommés, la bobine serait revenue à 960 g. Cet exemple est vérifié par un test sur le code même de l’application, il change donc quand le comportement change.
Ce que l’application ne fait pas : elle ne pèse rien, elle ne retire pas d’elle-même de grammes en plus pour un plateau raté, et elle ne déplace pas une commande parce qu’une imprimante a commencé. Là où un AMS indique ce qui reste, voyez plus bas la section sur ce que dit l’imprimante.
Comptez les ratés, volontairement
Une impression ratée a consommé du vrai filament. Si les ratés ne sortent pas du stock, votre suivi est optimiste exactement de votre taux de ratés, et c’est le chiffre que personne ne connaît.
L’habitude à prendre : quand une impression rate, pesez ce que vous enlevez du plateau, déduisez-le et notez la cause en un mot. Au bout d’un mois, vous aurez quelque chose de plus utile qu’un décompte exact des bobines - un taux de ratés par machine et par matière, et ce chiffre devrait figurer dans chaque prix que vous annoncez.
Pesez la bobine aux moments naturels
Inutile de tout peser régulièrement. Il faut peser aux deux moments où le chiffre va compter :
Quand une bobine sort d’une machine. Vous l’avez déjà en main.
Avant de confier une bobine à une longue impression. L’estimation dit 780 g et le système dit qu’il reste 840 g ; c’est assez proche pour valoir trente secondes sur la balance plutôt qu’un raté à la neuvième heure.
Le reste peut vivre sur l’arithmétique. La balance est une correction, pas une routine.
Sachez ce que coûte un gramme, pas seulement une bobine
Le coût d’une bobine, c’est ce que vous avez payé plus ce qu’il a coûté de la faire venir : le port, la douane, et l’électricité du séchage si vous séchez. Divisez par le filament utilisable, pas par le kilo nominal : une bobine de 1 kg ne contient pas 1 kg de filament imprimable une fois compté le bout qu’on ne peut pas utiliser.
Le calculateur du coût du filament transforme le prix d’une bobine en coût au gramme et en coût d’une commande donnée - la forme dont on a besoin pour chiffrer.
Puis gardez le coût avec la bobine, pas avec la matière. Le PLA noir acheté en solde en janvier et le PLA noir au prix fort en août ne coûtent pas pareil, et une commande imprimée sur l’une n’a pas coûté ce qu’a coûté une commande imprimée sur l’autre. Moyenner cache exactement ce que vous essayez de voir.
Le stockage, c’est aussi du stock
Une bobine qui a pris l’humidité n’est pas la bobine que vous comptiez.
Un PETG ou un nylon humide imprime mal, et la panne est assez indirecte pour qu’on accuse le profil, la buse, la machine - tout sauf le filament. C’est un problème de stock déguisé en problème technique.
Deux règles couvrent l’essentiel. Tout ce qui n’est pas du PLA retourne dans une boîte étanche avec du déshydratant quand il sort de la machine, et le déshydratant se change selon un calendrier, pas quand quelqu’un remarque qu’il est devenu rose. Et une bobine restée ouverte des mois dans une pièce humide se sèche avant une commande importante, pas après qu’elle a raté.
L’impression multi-matière consomme plus que ne pèse la pièce
Si vous avez un AMS ou un système multi-matière, la purge n’est pas une erreur d’arrondi. Chaque changement de filament purge la tête, et sur une impression avec beaucoup de changements, la matière purgée peut peser plus que la pièce.
Ce filament est sorti de vraies bobines, dans une proportion dont le poids du modèle ne dit rien. Si votre stock ne bouge que du poids de la pièce, une ferme qui fait du multicolore dérivera plus vite qu’une ferme mono-couleur, dans le même sens, à chaque fois. Déduisez ce que le trancheur indique comme consommation totale par filament, pas ce que pèse le modèle.
Ce que l’imprimante dit qu’il reste, et pourquoi ce n’est pas ce que la commande a utilisé
Si vos imprimantes ont un AMS, il est tentant de laisser l’imprimante tenir le stock : elle affiche déjà un pourcentage sur chaque emplacement. Nous avons lu ces champs en construisant notre propre page filament, et ils répondent à une question plus étroite qu’il n’y paraît.
Ce que nous avons regardé. Deux Bambu Lab A1 avec un AMS Lite et une H2C avec un AMS 2 Pro, lues sur le réseau local les 22 et 23 août 2026, avec un dernier coup d’œil à la H2C le 5 octobre. Ce sont nos notes de ces jours-là, pas une mesure récente ni un test de laboratoire, et une mise à jour du firmware peut changer n’importe lequel de ces points. Voici la forme de ce que signale un emplacement, raccourcie à la main pour l’exemple plutôt que copiée d’une imprimante :
{ "id": "0", "remain": 100, "tray_weight": "1000", "total_len": 330000 }
| Ce que l’imprimante signale | Ce que nous avons vu | Ce que cela vous dit | Ce que cela ne vous dit pas |
|---|---|---|---|
remain sur un AMS Lite |
100 sur les quatre emplacements pendant toute une impression de cinq heures sur une A1, et toujours 100 en pleine impression sur l’autre le lendemain | Rien sur ce qui reste dans cette unité | Que la bobine est pleine |
remain sur un AMS 2 Pro |
Des pourcentages entiers qui bougent, comme 5, 7, 27 et 80 | À peu près ce que contient une bobine | Ce qu’une impression a utilisé : 1 % d’une bobine de 1 kg, c’est 10 g |
total_len |
330000 sur tous les emplacements à la fois, à côté d’un tray_weight de 1000 |
La longueur nominale d’une bobine pleine de 1 kg de filament 1,75 mm | Ce qui a été utilisé ou ce qui reste |
ams.version |
14, puis 31, puis 11 sur la même A1 | Rien de fiable | Quel modèle d’AMS est branché |
| Humidité et température | De vrais chiffres sur l’AMS 2 Pro, des zéros sur l’AMS Lite | Si cette unité signale son environnement | Quoi que ce soit sur le poids de la bobine |
Ce que Bambu Lab documente. Son manuel de l’AMS décrit le filament restant comme une estimation : la longueur de filament avancée pendant que l’étiquette RFID de la bobine fait un tour complet, la bobine pleine de 1 kg comptant pour 100 % (wiki Bambu Lab). Le manuel de l’AMS Lite n’a aucune section sur le filament restant. Nous n’avons trouvé aucune page de Bambu Lab qui dise qu’un AMS pèse une bobine, donc nous ne le disons pas : le tableau décrit ce que montraient les champs, pas la façon dont la machine y arrive.
Pourquoi une commande utilise quand même le chiffre du trancheur. Les deux nombres répondent à des questions différentes. Le trancheur dit ce qu’un travail prévoit d’utiliser, purge comprise, par filament, avant qu’il démarre, et c’est ce dont un prix et une déduction de stock ont besoin. L’imprimante dit, au mieux, à peu près ce qu’il y a sur une bobine maintenant. Elle ne peut pas dire quelle commande a pris quoi : sur les A1, une impression ne portait aucun identifiant de travail que nous puissions relier à une commande, et un pas de 10 g représente l’essentiel d’une petite pièce. Donc dans LayerFlow3D, une commande retire ses grammes prévus de ses bobines quand vous la passez en « En cours », et le pourcentage de l’AMS n’est affiché que sur une unité qui signale aussi l’humidité et la température, jamais sur un AMS Lite. Là où il est affiché, une bobine qui s’en écarte de plus de 2 % est corrigée, mais seulement si son étiquette RFID est reliée à une bobine de l’étagère, seulement quand cette imprimante n’imprime pas, et seulement avec l’agent de l’atelier en marche. La correction est enregistrée comme un inventaire, ce qui alimente le chiffre mensuel « utilisé plus que prévu » de ce type de filament, jamais le coût d’une seule commande.
Ce qu’on en fait à l’atelier :
- Ne lisez pas 100 % sur un AMS Lite comme une bobine pleine. Pesez une bobine quand elle sort de la machine.
- Chiffrez et déduisez chaque travail d’après le total du trancheur par filament, pas d’après l’imprimante. Le calculateur du coût du filament transforme ce total en argent.
- Servez-vous du pourcentage qui bouge sur une imprimante comme d’une vérification sur un mois pour chaque type de filament, pas comme de la trace d’une impression.
- Quand les comptes et l’imprimante ne cessent pas d’être en désaccord, posez la bobine sur la balance et enregistrez un inventaire avec la raison, pour que l’écart devienne quelque chose que vous voyez plutôt que quelque chose qui déplace le total en silence.
Recommandez avant la fin, d’après un chiffre
« Il ne reste pas grand-chose en noir » n’est pas un signal de commande. Le signal, c’est un seuil minimum.
Fixez-le pour chaque matière et couleur, d’après la vitesse à laquelle vous la consommez et le délai de livraison. Si vous consommez 1,5 kg de PLA noir par semaine et que la livraison prend dix jours, votre minimum est d’environ 3 kg, pas une bobine. La recommande devient alors une décision prise par un chiffre, pas quelque chose que quelqu’un doit remarquer.
L’inventaire qui vaut la peine
Une fois par trimestre, pesez tout. Cela prend une demi-journée et vous dit deux choses : de combien le suivi a dérivé, et où il a dérivé.
Si l’écart est réparti uniformément, vos estimations par commande sont un peu basses - ajustez votre marge de rebut. S’il est concentré sur une matière ou une machine, vous avez trouvé un taux de ratés ou une fuite que personne n’avait vu.
Un inventaire qui ne trouve rien n’est pas une journée perdue. C’est la seule preuve que tout le reste fonctionne.